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Aventure : Résumé du 4L Trophy ! - Mars 2008
 
Mercredi 13 Février : Thaon-les-Vosges – Paris / Stade de France.

Jour du départ de la maison ! 6h00 du matin, la 4L est chargée à son maximum : 50kg de matériel scolaire, tente, sacs de couchage, jerrycan d’essence, bidons d’huile moteur, pelle, roues de secours, caisse à outils, quelques pièces de rechange (courroies, démarreur, tête d’allumeur, alternateur, batterie…). Tout y est ! Bien que l’ancien propriétaire l’ait décrantée à l’arrière, une fois chargée l’auto est basse ! Tanpis ! il est trop tard pour faire quoi que ce soit.

La route pour rejoindre le Stade de France ne pose aucun problème. Nous roulons avec nos potes de l’école (4L N°76 aux couleurs de FRA), la motivation est là. Hâte d’arriver aux vérifications techniques, auxquels nous sommes convoqués à 12h30. L’arrivée en Ile-de-France est classique, beaucoup de traffic, un périphérique surchargé. Un bruit de butée d’embrayage se fait discret mais récurrent.
Un bruit de butée d’embrayage se fait discret mais récurrent. Une légère inquiétude nous traverse : étant donné que dans le sable du désert, l’embrayage souffre beaucoup, une panne mécanique de ce type serait très difficile à réparer sur le continent africain. Nous continuons notre route jusqu’au SDF tout en réfléchissant au problème. Les 4L se font plus nombreuses sur le périph’, les klaxons retentissent, plus originaux les uns que les autres.

Nous entrons dans la file pour les vérifications. Comme en rallye, une partie administrative et une partie technique. Le commissaire technique fait le tour de l’auto pendant que les élèves bénévoles de l’ESC Rennes (co-organisateur du Raid) collent la publicité obligatoire du 4L Trophy. Tout est ok… sauf le crochet de remorquage arrière soit disant mal soudé (L’ancien propriétaire était passé dans la même configuration l’année dernière !). Rien à faire, il faut changer ce crochet. Il est 12h30, et nous devons refaire ceci avant 16h ! Pas de temps à perdre : nous partons en direction de Saint-Ouen afin de trouver un garage qui puisse nous dépanner. Au bout de 4 ateliers, un gérant de garage AD décide de nous aider. Une patte, un crochet, un cordon de soudure et hop l’affaire est faite ! Le patron nous conseille de partir avec un embrayage dans le coffre, lui-même avait senti en rentrant la 4L sur le pont que l’embrayage était faible. La décision est prise, un coup de fil à un distributeur de pièces auto du 93 et nous partirons demain avec un embrayage neuf de secours!

La contre visite au SDF ne pose aucun problème, et nous mettons la 4L en parc fermé. Ouf, tout va bien ! Je sors l’appareil pour prendre quelques photos des 4L, toutes originales, vous pourrez vous en rendre compte à travers la galerie photos sur Est Rallye.

Jeudi 14 Février : Paris – Bordeaux. Le grand jour ! Départ officiel.

10h30, nous allons rechercher notre embrayage avant de rejoindre le Stade de France pour le briefing et le départ officiel donné à 13h. L’ambiance est bonne, les 600 concurrents qui partent de Paris (450 autres partent de Bordeaux ce même jour) ont tous envie d’en découdre. Un café, le briefing de mise au point et c’est parti, rendez-vous au Sud de l’Espagne à Algeciras dans deux jours. Aucun check point n’est présent sur le routier. Juste un itinéraire est conseillé.

Le départ des 600 4L est très festif ! Les klaxons retentissent dans tous les sens : koukaracha par ci, sirène de police par là, le moment est mémorable! 14h00, nous quittons le stade de France au milieu d’une allée humaine qui s’ouvre devant le capot de la 4L, j’ai l’impression de vivre ce que le Monte-Carlo d’antan offrait avec le parcours de concentration.

Nous roulons en convoi avec les cinq 4L de notre école à une vitesse moyenne de 115 km/h. Le nombre de 4L est impressionnant : pas une station service, pas une aire de repos où l’on ne trouve pas une dizaine de 4L. Les premières galères surviennent pour certains. Les plaques d’immatriculation n’ont jamais eu autant, à mon sens, d’intérêt. Un bon moyen d’entamer les conversations et de réviser sa géographie française !

Nous passons donc Orléans, Tours, Poitiers et avant d’arriver à Bordeaux où nous passerons la nuit.

Vendredi 15 et Samedi 16 Février : Bordeaux – Algeciras (Esp). Le jour le plus long !


9h00, nous quittons l’hôtel direction Biarritz et la frontière Espagnole. Tout va bien, il fait un temps magnifique au moment de passer en terre Ibérique. L’autoroute espagnol est bien différent des boulevards rectilignes français : beaucoup de relief et très sinueux. Les 4L peinent à grimper les montées, et la notre n’échappe pas à la règle ! Des points de chauffe moteur commencent à apparaître régulièrement dès que le relief se fait sentir. On ralentit, monte au train (50-60 km/h !) à la manière du groupe étau au Tour de France, dans un style à la Robbie Mc Ewen ! Les décentes permettent au petit 4 cylindres Renault de reprendre ses esprits.

Nous passons Madrid en début de soirée et décidons de continuer jusque Algeciras 500km plus loin. La température extérieure étant nettement plus basse, la 4L marche mieux et ne chauffe plus. Il est 4h du matin nous changeons de pilote une nouvelle fois et Nico (mon coéquipier) reprend le volant. Soudain, dans une nième montée, le moteur se remet à chauffer. Le voyant rouge du tableau de bord éclaire tout l’habitacle ! Nous réduisons considérablement l’allure qui n’était déjà pas exceptionnelle avant d’entamer la décente. Le moteur chauffe toujours, rien à faire il la température ne baisse pas, une légère fumée s’extrait des aérateurs de chauffage. On décide alors de tout couper, le moteur continue de tourner, le temps d’ouvrir le capot et de démonter une cosse de batterie, il est probablement trop tard, le mal est là. Le liquide de refroidissement inonde le compartiment moteur, tout est sous pression. Pas de doute possible, le joint de culasse vient de céder. Il est 4h30 du matin, nous sommes à 50 km du pointage d’Algeciras.

Le moral n’est pas au mieux ! Il nous reste une demi-journée pour réparer en espérant que la culasse n’ait pas trop été touchée. Quelques équipages sympas s’arrêtent pour prendre des nouvelles. L’un d’entre eux (équipage 615 si mes souvenirs sont bons) nous donne même un joint de culasse neuf. Vraiment très sympa de leur part ! Nous sommes arrêtés à moins de 100m d’un péage autoroutier. Pas moyen de se faire tracter jusqu’Algeciras, la police locale ne plaisante pas avec ça, on risquerait 300€ d’amende. On décide donc d’appeler notre assurance et de demander un dépannage. Pour l’anecdote, la téléopératrice de l’assurance était sidérée par le nombre d’appel dans la nuit pour des dépannages de 4 L dans le Sud de l’Espagne!

Samedi 7h00, nous arrivons à la table de pointage, voiture sur le plateau de la dépanneuse ! Je pointe récupère le road book pour le Maroc. Le coordinateur technique, Eric, arrive pour constater les dégâts. Théoriquement, les mécaniciens du 4L Trophy ne touchent pas aux voitures avant d’être au Maroc. Malgré cette règle, quelques heures plus tard, deux mécaniciens arrivent. Des vieux de la vieille, qui connaissent les 4L les yeux fermés et dont c’est le 1er 4L Trophy en tant que mécaniciens. Un challenge pour eux en quelque sorte. Ni une ni deux, les deux compères se lancent. En quelques minutes, boite à air, carbu, courroies, échappement sont démontés ! 30 minutes la culasse n’y est plus ! On se croirait chez Bozian ! Bref, le chantier avance bien. Je rappelle que tout ceci se déroule dans un champ poussiéreux organisé en bivouac pour l’occasion. Jean-Yves, l’un des deux mécaniciens, me glisse un : « T’inquiète pas, si jamais la culasse est morte, j’en ai une neuve dans le camion ! ». Voila qui rassure ! La réparation continue, et par chance la culasse n’a rien. Le joint de culasse est changé, la culasse remontée, et Patrick (l’autre mécanicien) règle les tiges de culbuteurs un par un. Quelques réglages de finition et le tour est joué. Il est 11h, nous voilà de nouveau dans le raid ! Merci à Patrick et Jean-Yves qui nous ont sorti d’une grosse galère !

Briefing en fin d’après midi. Une première salve de 4L part au port pour prendre le Ferry et traverser le détroit de Gibraltar. Pour nous, le départ est prévu dimanche matin à 4h. Rendez-vous donc demain à Tanger (Maroc) pour le départ de la 1ère étape du 4L Trophy.

Dimanche 17 Février : Etape n°1 Tanger – Enjil (489km)

Réveil à 2H45 du mat’, après une très courte nuit, direction le port d’Algeciras où nous attend le Ferry. Une mer très agitée nous a fait prendre 3h de retard. Ce n’est qu’a 13h30, après être passé à la douane pour la déclaration de la voiture, que nous prenons la route de cette 1ère étape. Les deux tiers de la journée se déroulent sur l’autoroute. A 10 km de la fin de la section d’autoroute, un équipage féminin arrêté sur le bord de la route nous demande de l’aide. Leur courroie de pompe à eau vient de lâcher. Après ce qui venait de nous arriver, on s’était juré d’aider dès que l’on pourrait. Eh bien voilà qui tombe à point nommé. Nous sortons la caisse à outils, une courroie neuve et remettons en ordre de marche la pompe à eau de cet équipage.
La nuit tombe, et exceptionnellement nous somme autorisés à continuer de rouler de nuit car l’étape ne comporte pas de pistes. Nous repartons en direction d’Enjil. La route se fait plus sinueuse, du relief se fait même sentir. Il faut redoubler de vigilance car beaucoup d’autochtones roulent sur leurs vélos et mobylettes sans éclairage ! L’ambiance est particulière la nuit : on peut observer le ballet des 4L qui se suivent dans les vallées. Certains qui sont équipés de longues portées ou même de rampe de phares s’en donnent à cœur joie. On aperçoit au loin le tant attendu bivouac. Le 1er vrai bivouac en quelque sorte. Nous attendons dans la file du pointage avant de rejoindre le camion citerne pour faire le plein du réservoir et du jerrycan. Sur le 4L Trophy, Total nous fournit en carburant. Le kilométrage des étapes est tel, que l’on ne doit pas normalement refaire le plein dans les stations locales, qui parfois coupent le carburant avec un peu d’eau. A 1€ le litre de SP95, c’est la fête à la pompe ! Un repas chaud marocain nous attend. Il est déjà 00h. Le temps de « jeter » (merci Décathlon) la tante, et nous nous couchons sans plus attendre.

Lundi 18 Février : Etape n°2 Enjil – Ar-Rachidia (312km)

Le briefing de la veille est repoussé à ce matin en raison de l’arrivée tardive des concurrents lors de l’étape d’hier. 7h30, Jean-Jacques Rey (directeur de course) prend la parole au micro sous l’écran géant : « En raison d’importantes précipitations qui on rempli certains oueds, une partie de la piste du jour sera shuntée !» Voilà qui est dit ! Nous prenons la route à 8h00. On nous relève le kilométrage au pointage et c’est parti pour une balade de 250 km de route à travers des massifs montagneux complètement déserts. La route ressemble étrangement à la route 66 dans la portion du Colorado. Nous traversons quelques villages qui nous accueillent avec sympathie. Il est rare que l’on ne soit pas salué.

En milieu d’après-midi, nous arrivons à la piste ! Ca y est ! Nous y sommes ! Les premiers kilomètres sont très poussiéreux. En termes de navigation les premiers caps à la boussole font leur apparition. Les premières difficultés aussi, avec des oueds à traverser. Certains d’entre eux sont complètements secs, et d’autres très boueux. L’excitation monte en nous : on a tellement œuvré depuis 8 mois pour arriver sur ces pistes, qu’au moment de franchir les difficultés, c’est du pur plaisir. Mais n’oublions pas que nous sommes en 4L ! Pas question d’en rester là, il reste trop de belles spéciales à parcourir.
La fin de l’étape est magnifique. Nous passons à proximité de gigantesques palmeraies, espace de verdure très rare au milieu des
massifs montagneux. Nous arrivons au pointage. Il fait encore jour donc nous en profitons pour démonter les roues et faire une vérification globale des trains roulants. Rien à signaler, c’est parfait. Nous sommes à quelques pas des dunes, le décor est grandiose. Au briefing, l’étape de Merzouga est annoncée. Nous allons rouler sur les pistes du Dakar !

Mardi 19 Février : Etape n°3 Ar-Rachidia – Merzouga (118 km)

Aujourd’hui nous avons presque droit à une grâce matinée ! Départ 9h00 ! Une liaison routière nous fait traverser quelques villages. Certaines 4L font du tourisme, d’autres de la mécanique dans un de ces garages à tout faire. Le départ de la piste est très roulant. On se prend vite au jeu, et les sensations sont là. L’étape est placée sous le signe du sable. Le road-book indique des larges bancs de sable assez mous. Notre 4L en avale un puis deux et survient un troisième un peu plus long. Le moteur s’essouffle et baisse de régime, je tarde à remettre la 1ère, pied au plancher mais trop tard… nous voilà ensablés ! Pas d’affolement, le chrono peut tourner, il ne sert à rien, les points sont marqués au kilométrage. Nous sortons la pelle, les plaques de désensablage et tentons de se sortir de ce mauvais pas. La 4L est bien posée ! Ca ne va pas être simple ! Au bout de dix minutes nous sommes toujours plantés, rien à faire. Des gamins viennent nous voir : ils nous proposent leur aide moyennant quelques dirhams ! Têtus, nous voulons nous sortir nous même de ce banc de sable. Au bout de quelques nouveaux essais ratés, nous acceptons finalement leur aide ! Une minute plus tard nous étions repartis ! Ya pas à dire ils ont la technique !

Après s’en suit un grand morceau de navigation. Boussole en main et les yeux sur le road-book, il nous manque un TRIP Master pour être au top. Le compteur kilométrique de notre 4L fera l’affaire. Au bout de 5km, nous nous retrouvons étrangement seuls. Je ne vois plus une 4L à 2 km à la ronde ! Etrange, et malgré avoir suivi les indications à la lettre, je ne peux m’empêcher de penser que ces plateaux désertiques sont immenses et qu’une erreur de 10 ou 20 degrés sur pourrait nous excentrer très facilement. Au loin nous pouvons apercevoir les dunes de Merzouga empruntées par le Dakar. Nous sommes donc dans la bonne direction. Ces dunes sont immenses, c’est à peine croyable ! Evidemment nous ne passerons qu’à proximité de ces dunes, il est impossible de les passer avec une deux roues motrices sans puissance. C’est alors que nous retrouvons un peloton de 4L, ce qui est plutôt bon signe. Déjà la fin de l’étape approche, mais ce qui arrive est probablement le meilleur : la spéciale de franchissement de dunes !

Pour cette épreuve, on décide de vider complètement l’auto afin d’être le plus léger possible. On débarque donc tout notre chargement y compris les roues sur le toit. Dernière chose avant de rejoindre le départ de l’épreuve : la pression des pneus. Chose primordiale dans le sable pour garder un soupçon de motricité, nous laissons 1 bar de pression dans les roues avant et 1,2 bar dans les roues arrière. Le chrono ne compte pas, c’est la qualité des passages dans les petites dunes qui est noté. La tactique est claire, rouler à fond pour ne pas s’ensabler. Il faut rentrer fort dans les virages et ne pas laisser le moteur s’étouffer. Nous effectuons la spéciale sans problèmes, certains endroits sont très mous mais on s’en est sorti. Résultat : le maximum de points dans cette épreuve soit 1000 points !

Le site qui accueille le bivouac est tout simplement magnifique. En début de soirée il y a la remise des affaires scolaires aux enfants. Beau moment de solidarité. Ca fait chaud au cœur. La soirée se termine autour d’un bon couscous rythmé par les morceaux d’un DJ local !

Mercredi 20 Février : Etape n°4 Ar-Rachidia – Timerzif (186km)


Aujourd’hui encore une belle étape nous attend. Notre ordre de départ nous fait quitter le bivouac dans le dernier quart. Sur le routier qui mène au départ de la piste, un pote de l’école est arrêté sur le bord de la route. Nous nous arrêtons donc pour s’informer : une durite de frein arrière qui fuit à plusieurs endroits. On avait eu le problème en préparant notre 4L, je lui conseille donc de shunter les freins arrière en bouchant la sortie au niveau du maître cylindre.

Nous arrivons donc au niveau du départ de la piste. Il y a beaucoup de traffic. Tout le monde se suit, une poussière épouvantable rentre dans l’habitacle. Le rythme est lent et rien à faire c’est impossible de doubler. Nous roulons en convoi avec les autres 4L de l’ESTA (ndlr : notre école). Les pistes deviennent plus roulantes, on décide alors de hausser le rythme pour se détacher un peu de ce groupe étau. Niveau paysage, c’est le pied total ! Nous traversons quelques oueds avant de rejoindre des plateaux désertiques.

A ce moment l’organisation nous dévie vers un cap EST. Tous les équipages s’interrogent. Au même moment, une 4L bien amochée arrive à notre hauteur : « on a fait un tonneau ! » nous disent-ils ! Leur 4L n’a pas l’air d’avoir été touchée mécaniquement. Ils ont voulu éviter une grosse pierre dans un passage en dévers assez mou et ils se sont retrouvés sur le toit !

Nous continuons notre route. Les 4L roulent de front, un peu comme au départ d’un enduro ! Un oued de cailloux et de sable se présente. Il est très long. Je tape un peu fort dans le moteur pour en sortir et celui-ci se met à chauffer. Rien de très grave, il faut dire qu’il a tourné à pleine charge en 1ère pendant près d’une minute. Nous faisons une pause de 10 minutes le temps de s’hydrater et de faire redescendre la température moteur.

La fin de la spéciale est très cassante. La taule en dessous du protège carter claque au sol assez régulièrement. A 10 km de l’arrivée, je ne peux éviter une grosse pierre qui vient taper en dessous et arrache une fixation de la plaque. Nous roulons tranquillement jusqu’à l’arrivée en faisant attention de ne plus frotter. Au point stop, on relève le kilométrage : 3 km de différence avec le tracé référence, ce qui n’est donc pas trop mal.

Dès l’arrivée au bivouac je m’attèle à réparer notre problème de plaque. Rien de bien grave, 3 vis auto foreuses feront l’affaire. La fatigue accumulée commence à se faire sentir. Et demain l’étape Marathon risque de faire des dégâts. Toute la nuit les groupes électrogènes tourneront du coté de l’assistance et les mécaniciens feront tout leur possible pour remettre en état des 4L bien affaiblies.

Jeudi 21 Fevrier : Etape n°5 (Marathon) Timerzif-Zagora (220km)


Comme sur le Dakar, l’étape marathon est une étape sur 2 jours sans bivouac ni assistance technique. 220km de pistes sont à parcourir ! Nous partons vers 8h30 et entrons dans le vif du sujet puisque la piste débute dans la foulée. Nous roulons sur un bon rythme pour voir dans la matinée s’il est possible de sortir de la spéciale dès aujourd’hui. Après 30 km, un plateau désertique disperse les 4L. Un gros changement de cap sème la zizanie. Nous perdons les 2 autres 4L qui roulaient avec nous. La piste est très plaisante à rouler : pas mal de virages, rythme assez rapide, quelques passages d’oueds, c’est vraiment sympa.

Ne voyant pas nos amis revenir, on décide donc de rouler sans s’arrêter. C’est jouable de sortir de la spéciale dès ce soir. Il faut rappeler qu’il nous est interdit de rouler de nuit sous peine d’exclusion. Il y a beaucoup de poussière dans cette étape. On en mange à souhait. La piste devient plus cassante, il y a beaucoup de grosses pierres qui jonchent le tracé. Nous traversons quelques villages avant de rejoindre une carrière sur plusieurs kilomètres. Le relief se fait sentir. Niveau navigation tout semble se passer pour le mieux, aucune hésitation, ça met en confiance. Le kilométrage est bon pour l’instant.

Vers 13h, la piste disparaît et laisse place à un plateau très roulant. Probablement le plus roulant depuis le début du raid. On roule à 70/80 km/h, c’est assez sympa niveau sensation ! Nous rentrons dans les derniers 50 km de l’étape. Le road book indique une piste très caillouteuse : c’est le moins que l’on puisse dire ! Ca claque de partout sous la caisse. Cela semble invraisemblable mais le pire est à venir : « l’enfer des cailloux » n’est que dans 20km d’après le road-book!

Sans s’en rendre compte sur le coup, nous sommes victimes d’une crevaison à l’avant gauche. Nous remplaçons la roue crevée juste avant d’arriver dans « l’enfer des cailloux ». Là c’est du délire, un véritable champ de mine ! Nous roulons à 20km/h et prions pour qu’aucun ennui mécanique nous arrive d’ici la fin de la spéciale. Soudain, une deuxième crevaison ! A l’arrière gauche cette fois-ci ! On change la roue une nouvelle fois. Il reste 20km à parcourir et plus qu’une seule roue de secours ! 2 crevaisons en 10 km, à ce rythme on est mal parti ! Que faire si ce n’est rouler au pas en privilégiant les chocs avec la taule protectrice plutôt qu’avec les pneus.

L’arrivée est proche et en plus le kilométrage colle parfaitement à la référence du road-book. Au loin nous voyons le point stop. Encore un dernier passage dans un oued plutôt chaud et nous y sommes ! Fini la piste, on y est arrivé ! Kilométrage parfait : on fait le plein de points sur cette étape ! A peine 10 voitures sont arrivées, il est 16H15. Le temps de faire le plein et nous filons jusqu’à la première ville pour faire réparer nos roues crevées. La nuit tombe, il faut respecter les consignes et s’arrêter. Un camping fera l’affaire et nous retrouvons d’autres 4L avec qui nous passerons une excellente soirée.

Vendredi 22 Février : Etape n°5 (Marathon) suite Zagora – Marrakech (450 km)


Le plus dur est fait. Désormais le classement est joué, il ne reste plus que le routier qui mène à Marrakech où l’hôtel nous attend. Je peux vous garantir que c’est une belle carotte après une semaine de bivouac quasiment sans eau !

Je regarde le road-book avant de partir pendant que mon coéquipier fait les niveaux de la 4L comme à chaque début d’étape. Il y a deux cols dans l’Atlas à passer dont le deuxième est à plus de 2300m ! Autant dire que notre vaillante 4L va encore manger ! Nous arrivons au pied de la première montée. Malgré tout c’est très sympa à rouler ! 3ème puis 2ème et enfin 1ère , le haut du col monte sévère. Nous faisons une petite pause car la voiture souffre. La descente est vertigineuse, il est impossible de ne pas se faire plaisir, le revêtement est bon.

La pluie arrive, juste à hauteur de Ouarzazate. Plus qu’un col est c’est bon ! 2300m nous y sommes, il ne reste plus qu’a négocier la descente sous la pluie et l’arrivée est proche. Le point stop final est intense en émotions : « on l’a fait ! ». Il s’est passé tant de choses depuis le départ. Il est 14h, direction l’hôtel Royal Mirage, où nous allons pouvoir récupérer de cette semaine folle.

Samedi 23 Février : Résultats et Soirée de Clôture. La Fantasia - Marrakech

L’affichage des résultats nous réserve une belle surprise : 100ème au général sur les 1050 4L au départ ! Nous sommes contents de cette performance surtout après nos déboires mécaniques au sud de l’Espagne. Cette nuit là, on était très loin de cette 100ème place. La soirée de remise des prix à lieu dans un parc où se joue un spectacle de nuit. La fête est quelque peu gâchée par la pluie mais l’esprit est là. Il règne une très bonne ambiance. L’organisation est satisfaite du déroulement de cette 11ème édition du 4L Trophy. 58 tonnes de matériel scolaire a été acheminé jusque Merzouga, record battu.

Dimanche 24, Lundi 25, et Mardi 26 Février : Retour Marrakech – Thaon-les-Vosges (2800 km)

Dimanche, nous quittons l’hôtel à Marrakech. Il est 10h. La route pour rentrer sera longue et pénible. Un routier interminable. Une traversée en bateau catastrophique (près de 13h pour la traversée, temps d’attente inclus). Par chance, nous n’avons connu aucun problème mécanique lors de cette remontée, ce qui n’est pas le cas pour tous.

Pour conclure, ce 4L Trophy est une aventure énorme. Tant sur le plan humain que sportif, le projet est passionnant. Il demande énormément de temps et pas mal de budget mais je vous assure que le jeu en vaut la chandelle. Au final, nous avons effectué 7600 km avec cette 4L.


A tous ceux qui hésitent encore, foncez vous ne le regretterez pas !

Pierre

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