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Interview de Nicolas Klinger - Décembre 2006
     
- Nicolas, peux-tu présenter en quelques lignes ta carrière ?

La passion est venue de mon père qui courrait lui aussi depuis tout jeune. En 1983 quand il a arrêté et que j’ai commencé à grandir je lui demandais toujours : "quand est ce qu’on va voir un Rallye ?". Depuis toujours je voulais faire du sport automobile.
J’ai débuté en 1992 par faire l’assistance à Germain Schweitzer sur la Rallye III, puis en 1993 j’ai pris ma première licence en junior car je n’avais pas encore le permis. L’année suivante mon père a racheté une 205 N-1 et je l’ai navigué pendant une saison. Durant cette année 1994, j’ai eu mon permis et aussi participé en tant que pilote à la course de côte de Sewen avec la voiture de mon père, ensuite j’ai monté ma propre 205 N-1 avec laquelle j’ai roulé jusqu’en 1999 tout en continuant à naviguer.


En 2000, j’ai commencé à naviguer Bertrand Roos et Thibaut Scherrer. J’ai aussi repris l’association Sport Auto Performance : on avait à ce moment là 7 voitures qui courraient dans toutes les catégories et championnats en Rallye. Nous avons tenté de monter un programme en Championnat de France pour 2002 avec Bertrand Roos et nous avons donc participé à la première moitié du Trophée Champeau (Ch. de France Asphalte) mais comme le budget était un peu limite, nous avons fini la saison dans la ligue.
Pour 2003 le programme était super bien partit, nous avons fait le Rallye de Suède avec FX Hérail sur une Saxo Challenge (victoire de classe A-6), et ensuite on avait toute la saison assurée en Saxo Challenge asphalte et en Saxo T4 terre, et en plus je roulais parallèlement avec Bertrand Roos. Cette belle saison 2003 s’est arrêtée au fond d’un trou au Rouergue avec la Saxo Challenge. J’avais un peu ‘’reçu’’ comme on dit (fracture de la 2ème vertèbre cervicale), et cela m’a coûté 7 mois à la maison et l’arrêt sportif pendant 2 ans.
En 2004 et 2005, j’ai travaillé comme coordinateur reconnaissance et météo pour Barroso Sport et aussi Citroën Sport en WRC. Au cours de l’intersaison, avec l’arrêt de Citroën Sport j’étais en contact avec plusieurs personnes dont Nicolas Vouilloz avec qui j’avais fais connaissance en 2004. Après tout est allé très vite...

- Et cette période au volant ?

J’ai roulé de 1995 à 2001, tout d’abord avec ma 205 Rallye N-1 puis avec une Saxo N-2. Je faisais des régionaux mais aussi plusieurs nationaux par an. Je roulais aussi en Suisse, cela me permettait de faire des gros Rallyes à des budgets modérés : j’ai participé 3 fois au Valais par exemple. Je n’étais pas un avion de chasse mais j’ai quand même plusieurs victoires en N-1 dans ces années là et comme aujourd’hui ce n’était pas gagné d’avance, on était toujours 4 ou 5 à pouvoir gagner au départ du Rallye. J’ai arrêté en 2001 après le Rouergue, je n’avais pas de copilote fixe et comme j’avais toujours aimé naviguer...

- Quel bilan fais-tu de cette saison 2006 aux côtés de Nicolas Vouilloz ?

Ca a été une superbe expérience et je remercie Nico de m’avoir fait confiance en début de saison. Après presque 3 années sans courir, avoir la chance de reprendre dans la catégorie reine avec comme but de gagner le Championnat de France était un super challenge aussi bien pour Nico, qui avait déjà roulé avec des copilotes plus expérimentés à ce niveau, que pour moi. Au début ça a été plein de remise en question et au fur et à mesure le rythme et les réflexes sont revenus.
     

- Peux-tu nous dire quelques mots sur Nicolas Vouilloz ?

Nico est un sportif de haut niveau par sa carrière en vélo, c’est un super pilote, très calme et aussi un très bon metteur au point. Cette saison j’ai trouvé un pilote mais aussi un ami. On a le même age, ce qui facilite le dialogue, que ça marche ou pas.

Je trouve que pour quelqu’un qui a commencé à rouler en 2003 il est impressionnant surtout sur sa façon de régler la voiture. C’est un perfectionniste qui cherche toujours des solutions que ce soit sur sa façon de rouler, pour être plus efficace, ou pour trouver le petit plus (avec Jean-Manuel Beuzelin) pour ajuster la voiture à sa façon de la conduire.

     

- Et sur l’ambiance en Championnat de France ?

Tout le monde discute avec tout le monde, on se tire la bourre et c’est la guerre en spéciale et pour les différents championnats mais une fois sortit de la voiture tout le monde est copain. C’est ça qui fait la force de ce championnat. Que les pilotes et/ou copilotes soient en WRC, Super 1600, formule de promo ou en N-1, personne ne fait de différences et tout le monde rigole et parle ensemble.

- Quel est ton meilleur souvenir de la saison ?

A chaque rallye on peut dire qu’il y a eu de supers souvenirs. Lyon à été ma première victoire en Championnat de France mais la victoire à l’Alsace Vosges a été un super souvenir, c’est LE Rallye de ma région. Gagner devant toute ma famille et mes amis, c’était vraiment sympa. En plus c’est un Rallye que je vais voir depuis tout petit, que j’ai fais plusieurs fois et qui ne m’a jamais trop réussi (comme le Rouergue d’ailleurs).
Ensuite dans la voiture je garde un super souvenir des 2 dernières ES courues aux Cévennes après notre tête-à-queue. Nico a vraiment exploité et roulé fort, c’était le pied dans la voiture.

- Comment qualifierais-tu le rôle de copilote ?


Le copilote est là pour annoncer les notes, ça c’est ce que tout le monde voit, mais il est aussi là pour soutenir et apporter au pilote un appui, que ce soit quand on roule vite dans la voiture pour qu’il se sente épaulé par quelqu’un qui a pleine confiance en lui, mais aussi quand ça ne va pas et qu’il faut se remotiver ou reprendre confiance. Pour moi le copilote est là pour gérer, organiser (Recos, Organisation sur place,...) pour que le pilote n’ai qu’à penser à rouler.

- Tu as suivi Bertrand Roos toute la saison, quel est exactement ton rôle auprès de lui ?

Bertrand est mon meilleur ami, nous avons aussi fais beaucoup de Rallyes ensemble. Je trouve qu’il à un très bon coup de volant et je suis sûr que s'il avait pu faire une formule de promo dès ses débuts, on le verrait rouler dans d’autres voitures en Championnat de France.
Le problème est toujours le même, pour lui et pour beaucoup d’autres, c’est l’argent. En 2003 quand j’ai eu mon accident lui aussi s’est retrouvé sans copilote, nous avons mis un peu de temps à retrouver quelqu'un, maintenant dès qu’il roule je suis là avec lui, pour tout organiser et préparer, avec le garage il n’a pas trop de temps. Je lui fais l’assistance et il sait que je suis toujours là s'il faut quelque chose ou prendre certaines décisions.


- Peut-on déjà parler de 2007 ?

2007 ??? Grosse question, avec Nico nous sommes en train de chercher des solutions (financières bien sûr...) pour pouvoir rouler avec une S2000. Nous aimerions bien participer à l’IRC mais cela vas être coûteux alors pourquoi pas continuer en Championnat de France, pour l’instant rien n’est défini, nous essayerons de toute façon de rouler la saison prochaine.
De mon côté je vais tenter de développer l’activité de notre société et de mettre en place des manifestations ( www.allsportsmanagement.mc ). Nous faisons de la prestation de service à tous niveaux et dans tous les championnats, nous nous occupons de tout, de monter le programme jusqu’à la gestion des partenaires. Je voudrais bien développer l’activité partenaires, car c’est grâce à eux si ce sport est encore là. Si on arrive à leur proposer des packs intéressants en les emmenant sur les épreuves, cela pourrait développer un dynamisme et pourquoi pas en intéresser de nouveaux.

     

- Enfin si tu as un message particulier à faire passer, c’est le moment...

Rien de spécial, mais certaines choses que j’ai vu ou entendu sur certains Rallyes cette saison me chagrine. Cela fait maintenant 13 ou 14 ans que je suis vraiment dans ce milieu et j’aimerais bien y rester au moins encore autant, alors ne le tuez pas !
Le Rallye est un sport très grisant, les moments que l’on vit à deux dans une voiture, les interventions lors de certaines assistances, les attentes des temps au points stop, sont vraiment uniques, chaque Rallye, chaque spéciale, chaque assistance est différente.
Arrêtons de se tirer dans les pattes pour l’une ou l’autre chose, c’est seulement en se serrant les coudes qu’on arrivera à faire perdurer cette discipline...

     
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