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Interview d'Eric Mauffrey - Mars 2008

A l’aube de cette saison 2008 qui commencera pour le pilote Vosgien au Rallye Lyon-Charbonnières, nous avons souhaité revenir sur la magnifique saison écoulée qui l’a vu remporter le Trophée Michelin et la Finale de la Coupe de France. L’occasion pour ses supporters de lui poser quelques questions par l’intermédiaire de son site web, petit jeu auquel il s’est volontiers prêté. Pour les 5 ans du site Estrallye, nous vous proposons donc de faire un petit bout de chemin à travers le récit de celui qui nous a fait confiance dès le début, notre parrain, Eric Mauffrey :



- Eric, quel bilan fais-tu de cette magnifique saison 2007 ?

Un bilan très positif à tous les niveaux. Nous (Marielle, Gaétan et moi-même) avons roulé avec une structure minimum : un responsable technique de la voiture (Fabrice), un mécano (Jean-Marie), un coordinateur (Daniel) et un équipage d’ouvreur (Johan et Anne ou Sophie) une petite équipe performante et hyper dynamique, le tout baignant dans le Team Cuoq, que je découvrais, et où il a toujours régné une très bonne ambiance avant, pendant et après la course ! Sportivement, que dire ? On a bien roulé tout au long de la saison et avec de bons résultats à la clef, tu ne peux employer que des superlatifs. C’était super génial !

- Penses-tu avoir progressé ? Sors-tu de cette magnifique saison avec des enseignements ? Si oui lesquels ?

J'ai progressé en début de saison dans l'exploitation de la 306. Une chose qui est sûre, c’est que je me suis toujours trouvé au départ de chaque course avec une auto performante : Merci Fabrice ! Je ne sais pas si l’on peut tirer des enseignements mais dans tous les cas ce fut une belle aventure humaine. Un sportif ne peut être performant que s’il se trouve dans un environnement positif, ce qui fut mon cas cette saison et je tiens, une nouvelle fois, à remercier mon entourage de m’avoir soutenu tout au long de la saison.

- Quel est ton meilleur souvenir de la saison 2007 ? Et le moins bon ?

Le meilleur, certainement la Finale à Mende avec Marielle, on était dans le même état d’esprit que le quinze de France qui, ce même jour, avait battu les All Blacks : deux guerriers dans l’auto, on ne lâchait rien...

Le moins bon, le lundi matin après le Var... Non je plaisante ! Ce n’est pas de chance pour Gaétan mais c’est le Rallye des Cévennes au moment où l’on tape la roue arrière dans le trottoir... Gaétan se rattrapera cette saison pour le meilleur puisque l’on repart ensemble à mon grand plaisir.

- Après une aussi belle saison, il va être difficile de faire mieux, quel sera donc ton objectif pour 2008 ?

Difficile de faire mieux ? Je ne vois pas les choses de cette façon, l'important est de se fixer un ou des objectifs et de les atteindre. Nous repartons cette année une nouvelle fois en Trophée BF Goodrich avec la 306, donc voila notre objectif. Si au fil de la saison, nous nous trouvons dans une bonne situation au Championnat alors nous envisagerons, peut-être, de marquer un peu plus de points au scratch si vous voyez ce que je veux dire...

     

- Peux-tu nous dire quelques mots sur tes adversaires qui ne t’ont pas rendu la tâche facile ? Quel sera pour toi ton plus rude adversaire en 2008 ?

Plus une compétition est disputée, plus le plaisir de la remporter est intense. Il y a eu tout au long de la saison de belles passes d'armes au Trophée Michelin. Evidemment le plus coriace a été Patrick Rouillard et sa Toyota mais Ludovic Gal et sa 306 nous ont offert aussi une belle résistance. Dans tous les cas, cette saison là restera un grand souvenir.

Pour cette année : "wait and see"... Il y a le retour en Trophée de David Salanon sur une 306 qui sera certainement un sérieux client et d'autres 306 sans oublier les S2000 qui vont continuer à progresser en performance et qui risquent de poser quelques soucis à nos "vieilles" Groupe A. Quant à mon "frère ennemi" Patrick, je ne sais pas s'il fera le Trophée, mais on ne le présente plus.

     

- De toutes les voitures que tu as conduit, laquelle as-tu préféré piloter et pourquoi ?

La Sierra Cosworth du Bos Racing en 1991 ! La bride du turbo était de 38 mm et elle développait 450 chevaux avec 2 roues motrices, c'était la plus impressionnante. Je me souviens que la première fois où j'ai roulé de nuit en spéciale, il y avait une lueur intense qui apparaissait régulièrement. J'ai pensé au début que c'était des spectateurs qui nous flashaient et puis au fil des kilomètres j'ai compris que cette lueur, qui survenait même à des endroits où il n'y avait personne, était en fait une énorme flamme à l'échappement sous ma portière. Tu te battais pour tenir la voiture droite en sortie de courbe, pour aller vite il fallait la "jeter" en dérive en l'entrée de courbe et passer en glisse, cette auto était diabolique. C'était une voiture "d'homme" par rapport à une WRC actuelle qui est un monstre d'efficacité en motricité, suspension et freinage. C'est d'ailleurs la voiture qui a fait naître chez Marielle sa passion pour le Rallye ! Elle l'a vu au Rallye des Brimbelles en 1991 mais ne connaissait pas (encore) le pilote...

- Cela fait quelques années que tu es passé au pilotage de voitures 4 roues motrices ou de tractions, mais est-ce que le pilotage d’une propulsion te tenterait de nouveau ?

Vu ma réponse à la question précédente, j'aimerais bien rouler avec une bonne BMW Compact F2000, ça doit être bien sympa, et pourquoi pas une Porsche GT3.

- Les rallyes sur Terre, cela t’intéresserais ?

Oui bien sûr, mais j'aime bien le Championnat de France Asphalte pour les régions, les spéciales et l'ambiance.

- Quelle est l’épreuve que tu préfères dans le Championnat de France tel qu’il est actuellement ?

Chaque épreuve a ses spécificités et c'est ce qui lui donne tout son intérêt. On a un très beau Championnat avec de belles épreuves spéciales et des organisations qui dans l'ensemble sont correctes. J'ai un petit penchant pour le Mont-Blanc et l'Alsace-Vosges qui, depuis qu'il part d'Epinal, utilise en majorité les routes Vosgiennes donc de très belles spéciales (Le Girmont, Tendon, Corcieux, Raids de Robache, Chatas, ...).

- Parmi les épreuves auxquelles tu as pu participer durant ta carrière hors de nos frontières, laquelle a eu ta préférence ? Et laquelle aimerais-tu découvrir ou redécouvrir ?

Sans hésiter, le Rallye de Nouvelle-Zélande même avec une groupe N. J'ai eu l'occasion d'y aller comme ouvreur pour François Delecour et Gilles Panizzi : de belles routes naturellement sinueuses sur une terre "nickel".

     

- En quel espoir français crois-tu le plus ?

Sébastien Ogier ! Je pense que s'il continue sa saison en JWRC telle qu'il l'a commencée au Mexique, il sera rapidement dans une WRC, rouge par exemple... De toutes façons, vu la manière avec laquelle il a gagné le volant Peugeot avec son peu d'expérience en Rallye, il est forcément très doué. En espérant, maintenant, qu'un constructeur s'en occupe sérieusement. Cela dit, il y a beaucoup de jeunes pilotes en France qui marchent très bien et qui n'ont rien pour autant ! Tel est le sport automobile en France... Mais ce n'est pas grave : on va gagner le Mans avec un moteur diesel (10 ans après Audi) et on sera Champion du Monde en F1 (dès que Ferrari et Mac Laren arrêteront). Finalement, il n'y a que Citroën qui fait du Rallye, on se demande bien pourquoi ?

   

- Tu as eu cette saison deux copilotes, comment as-tu géré cela ? Marielle et Gaétan n'ont pas forcément les mêmes automatismes, comment cela s'est-il passé ?

Ce sont tous les deux des personnes avec qui je m'entends très bien, de plus, ils sont très méticuleux et rigoureux dans la voiture et ils "envoient" parfaitement les notes. Ils supportent aussi mon humour et le petit grain de folie que chaque pilote doit avoir pour les grands moments dans l'auto. Je les respecte tous les deux et comme on dit : ce sont des bons !

- Même au plus petit niveau, les Rallyes se « professionnalisent ». Aurais-tu quelques conseils pour les p'tits jeunes ? Gérer les autos ? Trouver l'équilibre entre l'équipage ? Gérer les partenaires, la communication ?

D'abord ne pas perdre de vue que c'est un sport, donc : condition physique, hygiène de vie. Ensuite, le nerf de la guerre étant l'argent, il est évident qu'il faut soigner son relationnel et ses partenaires pour monter ses projets et puis ne pas oublier ses potes car c'est avant tout une équipe qui prépare, répare, suit la voiture sur les courses, cherche des budgets, ... Enfin, beaucoup d'exemples le montre, c'est le charisme du pilote qui réussira à créer autour de lui une dynamique qui pourra l'aider à percer à haut niveau.

- Enfin, as-tu un message particulier à faire passer ?

Oui, c'est un message de soutien à Jean-Marie Cuoq que maintenant je connais bien pour l'avoir côtoyé toute une saison. Pourquoi en sommes-nous là aujourd'hui ? Trois concurrents ont été contrôlés en reconnaissance avec d'anciennes notes dans leur voiture. Jean-Marie était de ceux-là. Ils ont tous été punis d'une pénalité de 20 secondes. Alors que lui reproche-t-on ? Et pourquoi, après avoir sanctionné tout le monde, est-on revenu sur la décision du collège ? Je ne suis pas loin de penser que si Jean-Marie n’avait pas été aussi bon et n’avait pas gagné le Rallye malgré son handicap, on n’en aurait jamais plus entendu parler ! Je ne retiens qu’une chose de tout cela : remonter 20 secondes dans ce contexte : bravo l’artiste !

Vous pourrez suivre tout au long de la saison l’actualité d’Eric Mauffrey sur son site officiel : eric-mauffrey.com et nous vous donnons rendez-vous dès le Rallye Lyon-Charbonnières pour de belles bagarres !

     
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