Article Est républicain du 2 dec 2025
"Une belle aventure "
Il en rêvait, il l'a fait. Au terme d'une saison dans l'univers professionnel, Patrick Henry dresse un bilan sans regret. Même si l'avenir s'inscrit en pointillés.
Bilan : Quatrième de la dernière épreuve dans le Var malgré des ennuis mécaniques, Patrick Henry a apposé une conclusion conforme à sa saison. Sobre et efficace. « Compte-tenu du contexte, avec une voiture et un co-pilote nouveaux, ma saison a été satisfaisante. On a connu quelques pépins mais dans l'ensemble, on s'en est bien tiré. Même si en début de saison, on pense toujours faire mieux. »
Voiture : Arrivée sur le tard, la C2 a progressé en cours d'exercice. « La voiture s'est montrée fiable par rapport au peu de roulage. Comme nous l'avons eu tard, on a stagné un peu. Après, une voiture d'essai est arrivée et a permis de faire des progrès. On s'est alors rapproché des Peugeot et des Renault. Et malgré quelques petits soucis, nous n'avons jamais abandonné pour un problème de fiabilité. »
Expérience : devenir pilote officiel était un rêve. Au terme d'une saison pleine, Patrick Henry analyse cette expérience. « J'ai été surpris essentiellement par le côté essais. On a eu peu de roulage entre les courses. C'est peut-être la saison qui voulait ça. Avant, j'évoluais avec une voiture proche de la série, qui nécessitait peu de réglages. Je roulais donc peu entre les rallyes. Mais en passant professionnel, je m'attendais à ce que cela soit différent. Mais tout était nouveau et je ne regrette rien, quoi qu'il arrive à l'avenir. J'ai vécu une très belle saison. ^être payé pour exercer ta passion n'a rien de désagréable. »
Médiatisation : Dans un championnat où les bolides WRC côtoient les Super 1600, les retombées sont-elles à la hauteur ? Pour Patrick, la réponse est sans équivoque. « Les WRC sont de belles autos, plus performantes, plus chères aussi. Mais à mes yeux, le championnat Super 1600 est plus médiatique et le plus attirant. Déjà parce qu'il est plus abordable et qu'avec un plateau fourni, il y a plus de bagarre. »
Avenir : Forcément, avec l'annonce du groupe Peugeot-Citroën de se retirer du championnat du monde WRC après l'exercice 2005, Patrick Henry est assailli de questions sur son avenir. « Franchement, je ne sais pas de quoi demain sera fait. La seule chose qu'on nous a indiqués, c'est qu'on serait fixé dans une semaine à peu près. Guy Fréquelin va présenter des programmes aux personnes décisionnaires et derrière on en saura plus. » Et si l'aventure devait s'arrêter là ? « L'idéal serait de se dire on a une année de vécu avec la voiture, OK on repart pour la gagne. Mais honnêtement, quoi qu'il arrive, j'aurai eu la chance de le faire. C'était une belle aventure. Dans la vie, il faut essayer de ne rien regretter. Même si avoir ce volant deux ans plus tôt aurait pu donner quelque chose de différent. »
Carrière : Pour beaucoup, le Luron n'a pas souvent bénéficié du facteur chance et n'a peut-être pas eu la carrière qu'il méritait alors qu'il jouait des coudes avec un certain Sébastien Loeb sur une Saxo Kit-Car. Dans sa démarche introspective, Patrick est lucide. « Il était meilleur que moi. Mais c'était une période sympa. Le seul petit regret que je pourrais exprimer, c'est d'avoir pris quelque chose de lourd professionnellement. Cela m'a pris beaucoup de temps au détriment de la préparation des courses. Et en plus, je n'ai commencer le rallye qu'en 98. Avant j'étais en circuit. »
Valéry TUAILLON
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